Association la SEVE

Un monde connecté, sans ordinateurs !

Un monde tout connecté, mais vivant, et dans le sol… ça existe ! C’est le monde des champignons mycorhiziens et de leurs hôtes, les végétaux.

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Le terme de mycorhize provient de deux mots grecs : myke qui signifie champignon, et rhiza, racine. Les champignons mycorhizes sont au centre d’une relation à bénéfices réciproques, aussi connue sous le nom de symbiose.

La plante apporte à son partenaire les sucres (le saccharose par exemple) qu’elle produit lors de la photosynthèse, et le champignon permet à la plante un accès plus aisé aux éléments nutritifs (eau, minéraux, etc.) dont elle a besoin.

 

Cette symbiose mycorhizienne aurait permis, il y a environ 450 millions d’années, aux végétaux aquatiques de coloniser les espaces terrestres. Elle ne date donc pas d’hier.

Cette symbiose consiste en une relation entre un champignon dépourvu de photosynthèse et un organisme (végétal) qui lui en est capable. Dans l’était actuel de nos connaissances, plus de 80% des végétaux terrestres sont en symbiose avec des champignons dits «mycorhizes à arbuscules ». Une véritable « World Wild Web » (Toile sauvage mondiale).

Les champignons s’installent et se développent, suite à un processus complexe d’appel de la plante, et de pénétration par le champignon des cellules de cette dernière, à l’extérieur du végétal. Ce développement est si important qu’il se compte en kilomètres ! Le mycélium mycorhizien peut atteindre 1km sous un seul pied de poireau, dans un pot, et 90m² de surface de contact sous un seul m² de prairie ! L’intérêt de ce développement est la connexion d’un seul champignon à plusieurs végétaux, et d’un végétal à plusieurs champignons. Telle une toile d’araignée géante, ou un réseau internet, les plantes et les champignons forment un véritable réseau mycélien commun dans le sol, et cela parfois sur de très grandes surfaces (on parle de plusieurs dizaines de km entre certains arbres connectés à un champignon).

 

Alors quoi ? Plus besoin de connexion 4G pour s’envoyer des mails ? Pas vraiment ! Les échanges entre les différents partis se font via des transporteurs moléculaires. Le champignon, boosté par l’énergie apportée par la plante, met à profit ses capacités d’exploration du sol et apporte à la plante ce qu’elle ne peut aller chercher seule… un peu comme un moteur de recherche ! De l’eau et des éléments minéraux présents jusque dans les moindres interstices du sol peuvent ainsi être récupérés par la plante, qui en temps normal en aurait été incapable.

 

Les plantes profitent également de ce réseau pour se créer des anti-virus ! Le champignon protège la racine de la plante contre de possibles agressions. De par sa simple présence, il empêche les autres champignons potentiellement néfastes pour la plante, de s’y « accrocher » ET de proliférer. Ensuite, les apports du champignon à la plante permettent à celle-ci d’être en meilleure forme et donc plus apte à se défendre face aux agressions, grâce au renforcement de ses défenses naturelles. Enfin, le champignon est également capable d’agir au-delà de la surface du sol. Par exemple, le champignon induit des modifications biochimiques dans la plante (création de molécules particulières, etc.). Ces modifications exercent un impact négatif sur les insectes et larves qui consomment les feuilles de la plante. Tel dans un réseau Internet, le champignon agit comme un pare-feu.

Pour continuer sur la référence à Internet et l’informatique, les champignons ont également un rôle de corbeille pour éléments indésirables ou spams. Ils ont en effet la capacité de stocker des polluants. Ils ne les dégradent pas mais, comme dans une boite de réception, les stockent et les insolubilisent.

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Alors comment télécharger ou mettre à jour cet anti-virus/booster de débit ? Plusieurs méthodes se révèlent indispensables, c’est ce qu’on appelle l’agriculture de conservation. Tout d’abord, un arrêt systématique du labour profond ou de l’émiettement du sol. Ensuite, ne jamais laisser le sol nu : le sol nu fait mourir les champignons qui ont BESOIN de la plante pour vivre et se développer. En interculture, cette méthode implique l’utilisation de couverts végétaux, voire de couvert à durée indéterminée (CDI). Puis, une diversité, dans le temps et l’espace, des plantes semées et cultivées, pour que chaque plante apporte son lot de bienfaits aux champignons. Dans le cas d’une volonté de repopulation du réseau de champignon, les légumineuses sont les plantes les plus adaptées, et le plus possible, utiliser des plantes de natures les plus variées. Enfin, une limitation ou un plus fort raisonnement de l’usage des pesticides et engrais de synthèse est indispensable. Pour les engrais, favoriser au maximum les engrais organiques et les vrais composts.

 

En conclusion, on dira qu’il est très difficile de ne pas impacter la vie biologique d’un sol à partir du moment où il est cultivé. On peut cependant en atténuer les effets. Grâce à l’agriculture de conservation, tout un monde connecté attend l’agriculteur, et ce monde lui rendra au centuple. La SEVE vous permet de comprendre cette agriculture. Avec elle, vous aurez l’occasion de découvrir, d’expérimenter, de partager, de cultiver, à travers les jardins humains, les formations permaculture ou simplement les animations proposées à la ferme, et (re)trouver cette connexion avec la nature, toujours indispensable aujourd’hui.

Sources :
TCS octobre 2016 Dossier mycorhizes, projet mycoagra
– Association La SEVE

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