Association La SEVE

La pyrale du buis s’invite à la ferme !

La pyrale du buis

La pyrale, mais qu’est-ce que c’est ?

Pyrale au stade de chenille

 

Non, la pyrale n’est pas un croisement entre un pirate et une mygale, mais elle n’en est pas moins inquiétante …
La pyrale du buis est un papillon de nuit dont la chenille crée de gros dégâts sur nos belles plantations ornementales.

De son petit nom Cydalima perspectalis cette espèce fait partie des lépidoptères, plus précisément de la famille des Crambidae(papillons nocturnes).

Venue d’Extrême-Orient, elle est présente en France depuis 2006. La chenille est facilement reconnaissable par sa couleur vert clair, ses traits verts foncés horizontaux et sa tête noire. Le papillon, blanc argenté bordé de noir ou parfois brun, a une forme triangulaire et mesure environ 30 à 40 mm.

Pyrale à l’état de papillon

 

Cette pyrale se nourrit donc des feuilles de buis qu’elle grignote jusqu’à leur assèchement.

Sa présence est facilement identifiable car elle laisse des petites toiles blanches (fils de soie) sur son passage. A partir de cette observation, il faut chercher un peu plus attentivement pour trouver une chenille d’environ 4 cm qui se camoufle dans les feuilles de buis qu’elle dévore tranquillement.

 

 

Que faire face à ce pirate en toile d’araignée ?

 

La pyrale du buis ayant été importée, nos écosystèmes sont peu enclins à gérer ce genre d’invasion. Il n’y a donc pas ou peu de prédateurs naturels aujourd’hui en France. Des observations ont néanmoins montré que le moineau domestique, la mésange bleue et la guêpe de vase peuvent réguler cette espèce.

Bien évidemment, il existe de nombreux produits chimiques qui tuent la pyrale, les autres papillons et l’ensemble des être vivants de la création. Il existe aussi le napalm et la bombe à hydrogène mais tout ceci à un coût…

De façon plus pragmatique, il vous sera conseillé de couper les zones atteintes et de vous débarrasser des chenilles ainsi prélevées. [le napalm n’est toujours pas conseillé ici]. Une vigilance sera de mise dans les jours qui suivront et cette opération pourrait-être à renouveler.

 

Une gestion sur le long terme …

 

Comme le montre la carte du Museum National d’Histoire Naturelle (présentation de la Pyrale du buis), ce charmant petit papillon est bien présent en Ile-de-France. Il n’y avait donc aucune raison pour que la pyrale du buis ne vienne pas se nourrir et se reproduire à la Ferme de la Cure (78440). Néanmoins, cela faisait plusieurs années qu’elle se faisait désirer…

En ce printemps 2018, elle est enfin venue et elle a tout naturellement commencé à attaquer les quelques 12 buis présents sur le site…

Nous avons donc retiré les chenilles, coupé des branches et … que faire de ce “déchet” ? En bons permaculteurs, nous avons essayé de voir si cela ne pouvait pas être une “ressource” pour les poules de la ferme. Elles se sont régalées et leur vision particulièrement fine n’a laissé aucune chance à l’envahisseur.

Mais bon sang mais c’est bien sûr ! Il fallait associer ces deux éléments et concevoir des parcours à poules ! Alors que nous nous apprêtions à organiser cette nouvelle stratégie sur le terrain, les chenilles avaient disparues des buis !…

 

Mais que s’est-il passé ? Comme Charles l’explique lors des formations, tout est question de complexité de l’écosystème. Plus la biodiversité sera importante, plus le système sera résilient. Après observation, nous nous sommes rendus compte que l’ensemble des oiseaux qui trouvent refuge dans la ferme permettent de réguler cet écosystème. Hirondelle, rouge-queue, moineau, pigeon, pinson des arbres, mésange bleue, mésange charbonnière, merle, pie, rouge-gorge, bergeronnette sont actifs au sein de la ferme le jour ; pipistrelle, chouette hulotte, chouette chevêche s’activent dès la tombée de la nuit. D’autres espèces ont pu certainement aider à cette “gestion” de la pyrale du buis, mais finalement, peu importe ce que nous avons pu observer, les chenilles ont bel et bien disparu !

 

Essayons de travailler avec la Nature et non contre elle et n’oublions pas qu’elle a déjà la solution !… cela fait 3,8 milliards d’années qu’elle y travaille 😉

 

 

Images : pixabay.fr – Merci à hrohmann, herbert2512, Didgeman et ferme de la Cure

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