Association La SEVE

La bryone

fleursDans la famille des Cucurbitacées, je voudrais : Bryonia dioica ! La bryone ou « navet du diable » est une plante grimpante herbacée vivace pouvant atteindre 4 mètres de haut. Très présente dans les zones de friches de nos jardins et de nos villes, elle se reconnaît à ses petites feuilles vertes foncées et lobées, rappelant la forme des feuilles de lierre, à ses fleurs vertes-blanches et à ses baies rouges / noires d’automne. La particularité qui va nous intéresser ici, est justement que c’est « la courge » endémique de nos régions…

Une racine surprenante

L’un de ses noms vernaculaires (« navet du diable ») vient de sa racine charnue, tubéreuse, en forme de navet allongé, de la couleur du panais (jaunâtre). Cette large racine permet à la bryone de stocker des réserves conséquentes et d’assurer sa croissance rapide même en période plus difficile. Bien qu’elle soit considérée comme une plante médicinale, on se méfiera de sa toxicité.

Un habitat apprécié pour certains…

Lorsque l’on décide de laisser pousser la bryone, on offre gîte et couvert à bon nombre d’individus. Les syrphes (petites mouches à allure de guèpe) et autres abeilles s’y retrouvent pour siroter son nectar. Elle est aussi la plante hôte de deux espèces particulièrement exclusives : l’andrène de la bryone et la coccinelle de la bryone. Comme leur nom l’indique, ces deux espèces n’ont d’yeux que pour cette courge. Elles sont dites monolectiques (mot qui rapporte beaucoup de points au Scrabble), c’est à dire qui se restaure que d’une seule plante. On trouve 150 sous-espèces d’Andrena florea dont celle de la bryone. Pour ne rien vous cacher, la femelle est fidèle à la bryone et le mâle visite d’autres plantes. En ce qui concerne notre petite coccinelle poilue (Henosepilachna argus), elle se nourrit principalement des feuilles de la bryone (toxiques pour l’Homme).

Vous l’aurez compris, laisser pousser la bryone au jardin, c’est maintenir la source de nourriture principale d’espèces rares et utiles.

bryone

…Mais un parfum peu envoûtant

La forte odeur dégagée par les racines et les feuilles de la bryone la protège des rongeurs et autres petits ennemis qui pourraient avoir l’envie de l’attaquer. Attention tout de même à nos amis brouteurs qui pourraient ingérer ce « navet » s’il était déterré et qui leur serait fatal.

Une plante persistante

La bryone est une plante résistante, vivace, qui s’installe pour plusieurs dizaines d’années. Au début, elle s’étale sur le sol, puis elle grimpe. Au fil des années, elle développe une racine tubéreuse de plus en plus en profondeur, gagne ainsi en force, ce qui lui permet de ne jamais être à cours de réserves.

 

fleurs-bryoneLa mycorhization (réseaux de champignons)

Comme la plupart des végétaux (pour ne pas dire tous en l’état actuel des connaissances), la bryone est connectée à un réseau mycélien, un véritable maillage fait d’un ou de plusieurs champignons. Associé à la plante, le champignon lui apporte les éléments nutritifs et l’eau dont elle a besoin pour effectuer sa photosynthèse en échange de quoi elle lui offre une partie des « sucres » qu’elle produit. Cet apport mutuel va bien plus loin qu’un simple échange de bons procédés. Le stockage et l’échange d’informations vitales semble être aussi assurés grâce à ce mycélium.

Dans cet article, Hervés Covés explique : “Par exemple, lorsqu’un plan de blé est atteint d’une maladie, s’il est connecté à un réseau de champignons, il informe toutes les plantes qui sont autour de lui, qu’il est atteint par une maladie. Et toutes les plantes ensemble vont mettre en place des solutions pour contrecarrer cette maladie. C’est un exemple très concret, du fait que les plantes communiquent ensemble par l’intermédiaire de champignons et qu’elles arrivent à se soutenir et à se soigner mutuellement. Et donc des plantes bien mycorhizées ont beaucoup moins de pathogènes, beaucoup moins de maladies que les plantes qui ne le sont pas.”

Et pourquoi pas … passer à un maraichage plus inspiré ?

Un des principes majeurs de la Permaculture est de travailler avec la Nature et non contre elle. Voilà qui devrait nous inspirer pour mettre en place des nouvelles pratiques de production… La bryone étant naturellement présente et donc mycorhisée chez nous, il devient pertinent de se pencher sur son cas ! A la ferme de la Cure, nous testons donc une association particulière : planter des Cucurbitacées à coté de ce navet du diable afin que celles-ci puissent se connecter au réseau mycélien de leur cousine la bryone. Elles devraient donc croitre et produire sans apports de notre part tout en bénéficiant d’une plus grande résistance aux agressions extérieures…

Prochaine étape : cultiver de la bryone pour favoriser le réseau et les mycorhizes pour nos futures planches de cultures dédiées aux Cucurbitacées !

Une réflexion au sujet de “La bryone

  1. Pailla

    Après plusieurs semaines d’absence, j’ai constaté qu’au pied de mes tomates,les liserons étalés sur le sol (j’en avais enlevé pas mal avant de partir), avaient préservé la fraîcheur et autre constat, avaient le mildiou et pas mes tomates. Alors, comme la Bryone, le liseron peut nous aider à lutter contre les maladies, surtout que point de vue réseau racinaire et donc mycellaire il y a de quoi faire!

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